Nous optons aujourd’hui pour la ville de Carolina. Le Lonely Planet vante notamment les grottes d’Inti Huasi, P7210250site soi-disant incontournable de la région.

Comme nous sommes très courageuses, et surtout, que nous n’avons pas le choix, nous prenons le bus à 6h du matin. Tiens, c’est drôle, la compagnie adopte comme logo un petit pingouin faisant du ski. Nous rions beaucoup moins pendant les 2 h de trajet. Un courant d’air glacial parcourt le bus, et on a vraiment la sensation d’être au pôle nord. Note pour la prochaine fois : se méfier de la signification des logos de bus.

Ca y est, nous arrivons enfin au terminus menant à la grotte d’Inti Huasi. On ouvre un œil, puis l’autre, et onDSC00066 tente de bouger nos membres engourdis par le froid. Nous sommes seules dans le bus, et le chauffeur ahuri nous observe. « Vous savez qu’à part les grottes, il n’y a pas un lama (version argentine du chat) à 50 km à la ronde ? ». Heu… non. C’est donc en 5 min qu’on visite les grottes. Enfin, en 2 minutes. Car on réalise que le lieu n’a absolument aucun intérêt. C’est une vague caverne avec trois pauvres cailloux exposés. On remonte vite fait dans le bus, qui nous dépose à la ville de Carolina, à 45 min de là. Nota Bene : écrire au Lonely.

DSC00014« Ville », est une dénomination un peu exagérée pour l’endroit. Des chemins pavés séparent des maisons en pierre, et il n’y a pas âme qui vive dans ce lieu fantôme. Et le prochain bus est dans 4h. Qu’est-ce qu’on fait là déjà ? Pour ajouter (ou pas) au charme des lieux, le froid est mordant au point que la rivière qui traverse le village est DSC00010complètement gelée. On cherche désespérément un café, histoire de se réchauffer, en vain. On imagine déjà les gros titres du journal local « 2 françaises retrouvées morte de froid à Carolina » lorsque l’on croise un vieux monsieur qui n’en revient pas de croiser des touristes ici, en cette saison. On le supplie de nous indiquer un endroit où se réchauffer, et il nous indique une salle d’attente de je-ne-sais-quoi, vide. Scotchées au chauffage, on voit arriver notre sauveur avec une bouilloire, du café et deux tasses ! Le temps de nous servir, il tente de comprendre ce qu’on fait dans le coin et nous annonce qu’il fait spécialement froid aujourd’hui… -10°C ! Ha oui, effectivement, on sentait qu’il ne faisait pas très chaud.

Puis, vers 10h, la journée commence pour ces villageois ; on croise même deux personnes dans la rue. Et notre matinée DSC00040qui a si mal débutée prend une autre tournure. On apprend qu’il y a une jolie balade à faire, et une mine à découvrir. Les visites ne sont que plus tard, et on en profite pour grimper une jolie montagne. En haut, la vue panoramique est sublime, et bien différent de tout ce qu’on a vu jusqu’à présent. Aucun d’arbre, la végétation se limitant à des herbes hautes battues par le vent. Les petits murets de pierre et les chevaux sauvages me rappellent étrangement les paysages sauvages de l’Irlande.

DSC00049Nous redescendons à temps pour la visite guidée de la mine. On enfile des bottes, on se munit d’un casque de spéléologue, et on s’engouffre dans l’étroit tunnel obscur. La région a connu un fort développement en 1785, lorsque les espagnols s’installèrent pour tirer profit des mines d’or que les Incas avaient exploitées avant eux. A la leur de nos lampes, on progresse dans la galerie pour découvrir les sublimes couleurs de la roche oxydée, les stalactites blancs, et les cheminées permettant à l’air de s’engouffrer dans ces sous-sols humides.

Le temps d’acheter quelques empanadas pour le déjeuner, et nous voilà dans le bus pour retourner à San Luis, finalement ravie de notre journée.