Nous l’avons vécu et expérimenté : les parcs, même les plus touristiques, ne sont pas fait pour les routards. Mais poussées par un désir peut-être un peu masochiste, nous voici décidées à renouveler P7200245l’expérience.

Certes, le parc Sierra de las Quijadas parait compliqué d’accès, avec une marche éventuelle de 7 km après l’arrêt de bus dont nous ne sommes pas tout à fait sûre de l'existence. Mais c’est l’aventure, et puis, nous avons bien vu que de toute façon les choses ne s’arrangeaient pas nécessairement avec les agences.P7200242

Réveil très matinal le mardi pour nous rendre au terminal de bus. Le notre a déjà 1h de retard. Bon, ça commence bien. Allez, on rentabilise le temps perdu et on en profite pour bien se renseigner sur l’unique bus rentrant à San Luis en fin d’après-midi. Enfin, nous voici en route, et le chauffeur nous dépose quelque temps plus tard à « l’arrêt » du parc, à savoir un coin au milieu du désert où seule la route nous rappelle vaguement  la présence humaine. On suit le chemin que le chauffeur nous a indiqué et – ô miracle – nous arrivons à l’entrée du parc. Enfin, la première entrée. Car la visite ne débute vraiment qu’à un autre site, effectivement situé à 7 km de là. Courageuses que nous sommes, nous débutons d’un pas vigoureux lorsque – ô 2ème miracle – une voiture nous prend en stop.

Ca y est, première étape réussie, nous sommes au Parc Nacional de Las Quijadas. Les visites sont obligatoirement guidées, et on opte pour la plus complète : une marche de 4h dans le désert. Calcul de tête rapide : le retour de la balade est prévu à 17h, notre bus passe à 18h30 et on trouvera nécessairement quelqu’un en voiture pour nous redéposer au fameux arrêt, 7 km plus loin. Soyons optimiste.

DSC09965La marche est fantastique. Enfin, plus de voiture, nous parcourons cette fois-ci le parc, certes, avec d’autres touristes, mais à pied. Lits de lacs asséchés, fauneDSC09974désertique, condors et sublimes formations de grès rouge, le paysage est à couper le souffle. On pénètre même dans un étroit canyon où les falaises s’élèvent jusqu’à 210 mètres au-dessus de nous. Mais voilà que l'on débute notre retour à l’heure où le soleil commence à disparaître. Si tôt ? Ou plutôt, il est déjà si tard ? Car nous voici de retour DSC09951une bonne heure après celle prévue. Et, pour tout arranger, personne ne daigne vouloir nous déposer en voiture à notre arrêt de bus, pourtant passage obligé pour chacun de ces touristes. C’est donc avec forte insistance que l’on grimpe dans l’une d’entre elle. Le jeune couple visiblement peu ravi ni compréhensif prend son temps. Tiens chéri, on va s’arrêter prendre de l’eau ? Et puis on va faire une pause-toilette, hein ? L’heure coule aussi rapidement que les gouttes de sueurs sur notre front. Car il est près de 18h30 et le "Cause every little thing gonna be all right" de Bob Marley passant en boucle dans la voiture ne nous rassure pas pour autant.

In extremis, nous arrivons presque à l’heure au rendez-vous. Puis 5 minutes passent. Puis 10. Puis une bonne demi-heure et là et bien, on commence à réfléchir aux alternatives qui ne s’offrent pas à nous. Dernier bus apparemment loupé, aucune voiture à l’horizon et pas d’âme humaine dans un rayon de 20 km. Déjà le soleil est couché et notre situation n’a pas avancé d’un iota. Jusqu’à ce qu’un 4x4 passe dans la bonne direction. On se précipite, je lui barre la route pendant que Laure dégaine son 22 Long Rifle. Nous éjectons le chauffeur, prenons le volant et allumons un cigare pour célébrer notre victoire. Ca, c’est ce que l’on aurait voulu faire étant donné notre situation désespérée. Heureusement, nous n’en arriverons pas à cet ultimatum : la voiture se rend à San Luis et le conducteur nous propose gentiment de nous déposer. C’est avec un soupir de soulagement que l’on grimpe dans le véhicule, pour s’apercevoir… Que le bus arrive juste dernière nous ! Il avait seulement 2h de retard.

De retour au terminal, on demande au taxi de nous déposer dans la première brasserie venue. Les émotions, ça creuse.